Une folie sous un froid de canard... - Katatsumuri no Yume
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volatil-du-parc-monceau.jpg

Un canard de Barbarie (enfin peut-être, si ce n'est pas ça, il faut laisser un commentaire, à part dans l'assiette, je ne connais pas grand chose aux canards)

 

Trêve de plaisanteries, c'est donc par un doux -2° que je me suis rendue au parc Monceau pour mon petit reportage photos. Bonne pioche, il n'y avait presque personne avant 16h et le ciel bien que gris était suffisament limuneux  pour obtenir quelque chose de potable.

 

L'entrée du parc est marquée par cette rotonde, vestige de l'ancien mur des fermiers généraux et remaniée sous le second empire (calotte plate et colonnes lisses à l'époque de sa construction). Aujourd'hui, on peut y trouver les commodités!

 rotonde du parc monceau

 

À partir d'ici, un peu de marche, droite ou gauche? Petit regard circulaire, une statue à gauche, donc on débute la visite à gauche. guy de maupassant-parc monceau

Il s'agit du monument en hommage à Guy de Maupassant.

Un peu plus loin, se trouve la très célèbre et romantique naumachie, symbôle du parc, où vivent un grand nombre de canards col vert et des mouettes, je vous laisse imaginer le concert...

naumachie parc monceau face

 

Sur le chemin menant au prochain monument commémoratif sont disposés quelques sculptures et autres décors comme l'ancienne arcade de l'hotel de ville, placé dans le parc après l'incendie qui le détruisît totalement pendant la Commune en 1871.

 

Arrivée allée de la comtesse de Ségur, près de la sortie avenue Velasquez (où se trouve le fort sympatique musée Cernuschi) voici le monument dédié à l'écrivain Édouard Pailleron (1834-1899)

édouard pailleron-parc monceau

Une véritable lanterne japonaise datant de 1786 offerte à la France au nom de l'amitié franco-japonaise.

lanterne japonaise 1786-parc monceau

pyramide lanterne parc monceau

Une petite transition visuelle vers la pyramide tombeau, la dernière folie datant de l'époque du Duc de Chartres Philippe d'Orléans, ayant subie peu de modification. D'inspiration Égyptienne, elle rappelle que le futur Philippe "égalité" était le maître de la loge parisienne du Grand Orient de France.

pyramide tombeau du parc monceau

Dans une contre allée, une petite plaque commémorative rappelle que c'est dans ce parc qu'à  eu lieu le premier atterrissage en parachute.

stelle parachute-parc monceau

Le pont du Rialto, qui comme son nom l'indique est d'inspiration vénitienne.

autre vue du pont parc monceau

La cascade (très prisée pour les photos de mariage en été). On ne peut pas accéder au petit chemin qui surplombe la cascade sans autorisation...

cascade parc monceau

À la gauche de la cascade se trouve le monument voué à Ambroise Thomas.

ambroise thomas-parc monceau

En continuant dans l'allée de la comtesse de Ségur, on croise ensuite la statue de Charles Gounod...charles gounod parc monceau

puis celle d'Alfred de Mussetalfred de musset-parc monceau

À l'autre bout du parc, près du jardin d'enfants, est relégué le monument consacré à Frédéric Chopin.

frédéric chopin-parc monceau

 

Le parc Monceau est donc un parfait exemple de l'évolution de la décoration des jardins de la fin du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours.

Une première parcelle de terrain est achetée en 1769 par Philippe d'Orléans duc de Chartres à "Mousseau" afin de  se faire construire une folie, sorte de maison de campagne très en vogue dans l'aristocratie. Il y fait édifier, par Colignon, un pavillon central  octogonal à deux étages,  achevé en 1773. Puis il commande à  Louis Carrogis, dit Carmontelle, la création d'un parc à fabriques achevé en 1778, juste après le fulgurant Bagatelle qui casse l'effet de nouveauté. Les fabriques de styles très hétéroclytes sont juxtaposées, car Carmontelle voulait que le visiteur embrasse du regard des constructions "réunissant en un seul Jardin tous les temps et tous les lieux " selon sa propre formule. Carmontelle avait une formation artistique, ce qui explique ce choix. C'est l'architecte Poyet qui est chargé de la construction des fabriques parmi lesquelles on comptait : tour et son pont levis (dit le fort) - moulin à eau - moulin à vent hollandais - minaret - rocher avec cascade - temple de Mars - temple de marbre blanc - obélisque - bois des tombeaux, dont le plus important est le tombeau égyptien (la pyramide) - tentes turques - tente tartare - île des roches - pont de bois et colonne - naumachie - ferme - vigne à l'italienne - l'île des moutons. On comptait plusieurs ponts de pierre, une tourelle, des colonnes ...

Vers 1785, Thomas Blaikie, célèbre pour ses jardins à l'anglaise est engagé pour la réorganisation de Monceau. Ce dernier, peu amateur des fabriques, compose tant bien que mal en réorganisant le tracé des allées et chemins de manière plus sinueuses.

Sans cesse agrandi, le parc, à son apogée, atteint les vingt héctares (beaucoup plus que maintenant).

 

Avec la Révolution, les ors du parc se ternissent. Philippe d'Orléans est guillotiné en novembre 1793, ses biens confisqués, le parc est délaissé. Avec la Restauration, le parc est rendu au fils du duc, Louis-Philippe. Sous la monarchie de juillet, Louis-Philippe, devenu roi des français, fait transporter le temple de Mars, reconverti en temple de l'amour, à Neuilly, sur l'île de la Jatte (où on peut toujours le voir), quelques colonnes subsitent tout de même à Monceau.

 

Sous le Second Empire, la ville de Paris exproprie de nouveau le Parc pour en faire un jardin public administré  par Alphand. Sous la pression des spéculateurs et à cause des travaux titanesques de Haussmann, le parc est emputé d'une moitié qui est lotie de beaux hotels particiliers.

C'est à cette époque que l'on construit la grotte, le pont, et les nombreux monuments qui provoquèrent moulte débats, à la mémoire d'artistes et écrivains. On replante dans un style plus "romantique" mais assez loin de l'idée originale.
 Pour se représenter l'état d'origine du parc, il ne reste que les plans et gravures de la fin du XVIIIe siècle.

 

Grandes et petites heures du parc Monceau, catalogue d'exposition au musée Cernuschi, 1981

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