113 ors d'Asie : la diversité des trésors d'un continent - Katatsumuri no Yume
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Après les exceptionnels kimonos de la maison Matsuzakaya, le Musée Guimet expose, jusqu'au 18 septembre, Cent treize trésors venus de toutes l'Asie et représentant diverses époques.

Surgi du fond des âges, l'or attise la convoitise de toutes les sociétés humaines. Chair des dieux pour certains, signe de pouvoir et de prestige pour les autres, l'or ne se révèle pleinement que dans des mains expertes dont la technicité n'a d'égale que l'inventivité.

Transversale et non chronologique, l'exposition montre à quel point l'or est malléable et peut prendre des formes aussi diverses que spectaculaires.

Entre les grandes statues dorées de Corée, de Thaïlande ou du Tibet qui ponctuent la première salle, les tapisseries, les peintures, les statuettes et les objets de culte montrent l'importance de l'or dans le culte. Par cette profusion et cette minutie d’œuvres spectaculaires, l'on comprend toute l'importance du métal parfait dans les religions Bouddhistes, Shintoïste et Taoïstes du vaste continent.

Mais l'or n'a pas qu'une vocation religieuse, il est présent dans les commandes prestigieuses pour les écrits royaux et impériaux, pour les textes sacrés, en cadeau et, bien entendu, pour marquer les grandes occasions.

Cette exposition éveille également l'intérêt technique comme la fabrication de l'encre d'or ou encore les modes de cuisson de l'or sur la céramique. Mais ces points sont plus évoqués qu'autre chose, ce n'est pas une exposition technique, mais bien d'art.

La partie monétaire de l'or est plus légèrement abordée, mais l'on apprend que la monnaie or n'est pas toujours une bonne idée pour gérer un grand Empire. Ainsi, en Chine, il n'y avait pas de monnaie d'or car il n'y avait tout simplement pas assez d'or pour battre monnaie et la diffuser à l'échelle de l'Empire.

La dernière partie de l'exposition aborde l'or utilisé à des fins purement somptuaires, quand les riches marchands et autres bourgeois ont transposé l'or et ses pratiques aristocratiques pour montrer leur ascension sociale. L'or est tout de même utilisé avec beaucoup plus de parcimonie dans ce cas là, sous forme d'incrustations ou de poudre laquée. Dans cette partie, la création contemporaine n'est pas en reste et les pièces sont également très raffinées

La scénographie repose sur quatre espaces clairement identifiables par les couleurs des murs, tirant entièrement parti de l'espace d'exposition. La première partie sert d'introduction et de mise en contexte des usages de l'or en Asie, avec des photographies anciennes de mines, des sculptures, des bijoux, des pièces, des cartes, etc. Vient ensuite la partie consacrée à l'art sacré, puis celle liée à la pratique du pouvoir avant de se terminer dans la partie si ce n'est consumériste, tout du moins totalement profane dans l'usage de l'or.

Cette exposition présente, de manière intéressante et maîtrisée, les nombreux aspects de l’orfèvrerie asiatique sur plusieurs millénaires. La multiplicité des usages, mais également des techniques, trouve une parfaite illustration en s' appuyant sur les riches collections du musée.

Tag(s) : #exposition, #Musée, #Asie