Sherlock T1 : Une étude en rose accompagnée d'une interview du mangaka Jay. - Katatsumuri no Yume
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Le célèbre détective londonien arrive chez Kurokawa dans une adaptation fidèle... à la série de la BBC avec Bénédict Cumberbatch. Illustré par Jay., un jeune mangaka encore inconnu qui surprend par la précision de son trait, c’est avec délice que je me suis replongée dans les aventures d’Holmes avec Une étude en rose.

John Watson, médecin militaire démobilisé d’Afghanistan suite à une blessure, se morfond dans sa petite chambre londonienne lorsqu’une de ses connaissances lui présente le fantasque et frénétique Sherlock Holmes qui cherche un colocataire. Les deux hommes s’intriguent et se jaugent alors qu’une étrange affaire de suicides secoue Londres.

Le tome reprend la trame exacte des épisodes télévisés d’une étude en rose. En tant que fan de la série, j’ai été ravie de retrouver des personnages que j’apprécie dans une histoire bien construite. Sherlock est encore plus expressif que dans la réalité grâce au dessin de Jay. Pour sa part, le docteur Watson, sous les traits de Martin Freeman, semble vraiment mal à l’aise dans la majeure partie du tome, sans pour autant se laisser abattre. Tout comme dans la série télévisée, j’ai apprécié de retrouver la créature de Sir Arthur Conan Doyle dans une histoire moderne.

Pour marquer le coup, Kurokawa propose cette série au format "luxe" plus grand que le format japonais, afin de mieux apprécier la précision du dessin. 

À l’occasion de la sortie en France du 1er tome de la série, j’ai eu la chance de réaliser une mini interview de Jay. le mangaka (merci à tous ceux qui ont rendu cette rencontre virtuelle possible)

Moi : Quelle a été votre réaction quand Kadokawa vous à proposer ce projet en 2012 ?

Jay. : J’ai reçu un message qui m’indiquait que l’on souhaitait m’embaucher pour faire ce manga. A l’époque, je n’étais pas mangaka professionnel, je ne faisais que des illustrations pour mon plaisir, à un petit niveau en plus. Je me suis donc demandé « mais pourquoi moi ? ». Ensuite sont venus les doutes sur la crédibilité à accorder à cette demande, peut-être était-ce un canular ? (rires) Et quel toupet de se faire passer pour la grande maison d’édition japonaise Kadokawa Shoten ! (rires)

 

Moi : Connaissiez-vous la série originale ?

Jay. : Oui, je connaissais la série, et je l’adorais déjà à l’époque. Et c’est d’ailleurs parce que je l’aimais que je me suis longtemps demandé si moi, simple anonyme sans aucune légitimité, je méritais de m’atteler à l’adaptation d’un personnage et d’une œuvre aussi populaire dans le monde entier.

 

Moi : Quelle a été la réaction du public japonais lors de la prépublication dans Young ACE ?

Jay. : A l’époque de l’annonce du début de la série au Japon, un site étranger avait repris l’information et cela était parvenu jusqu’au Japon où les gens étaient très surpris. En majorité, leurs commentaires et réactions étaient surtout. « C’est vraiment japonais ce truc ? C’est pas un canular ? » (rires) Lorsque la série a débuté sa prépublication dans le magazine, j’ai commencé à utiliser Twitter et j’ai reçu beaucoup d’éloges, notamment à propos de la qualité des dessins, ce qui m’a beaucoup rassuré, vu mon manque de confiance en moi. J’ai reçu aussi des compliments comme « mes amis ne regardent pas la série, mais je vais pouvoir leur passer le manga ! » ou encore « grâce à votre manga, j’ai eu envie de voir la suite en série et maintenant je suis accro ! »

Moi : Comment parvenez-vous à une telle qualité de dessin ?

Jay. : Merci beaucoup pour votre compliment, mais je pense que j’ai encore beaucoup de progrès à faire, alors je ne sais pas trop comment répondre à votre question. J’ai eu la chance de pouvoir vivre en dessinant ce que j’aime, alors je dirais que si l’on veut bien dessiner, il faut commencer par énormément dessiner tout ce que l’on aime. Si l’on compare mes dessins dans le manga Sherlock à ce que je dessine habituellement, je dirai que Sherlock est plus réaliste que ce que je fais communément, mais j’essaie justement de ne pas être trop proche du réel et de donner une petite touche japonaise à l’ensemble tout de même.

Moi : Quelles sont les difficultés de ce type d’adaptation ?

Jay. : Malheureusement je ne peux pas vraiment répondre à votre question car avec « Une étude en rose » c’est la première fois que je dessine un manga de plus de 30 pages de manière professionnelle. Je n’avais jamais eu d’expérience professionnelle avant, donc je n’ai hélas pas de point de comparaison.

Ma première réflexion était de partir du principe que vu qu’il existait déjà un référent visuel avec la série d’origine, je ne devais pas casser l’image que les spectateurs possédaient déjà. Ce qui s’est avéré difficile, par contre, fut de choisir quels moments garder dans le manga, car le tempo d’une narration en papier et en vidéo est bien différent ; j’ai donc mis l’accent sur les variations d’expressions d’une case à l’autre qui permettent de retrouver le rythme des échanges entre Watson et Holmes. Je me pose très souvent la question de savoir quelle expression je dois privilégier dans telle ou telle situation donnée. Sans compter qu’il faut aussi adapter les choix de mise en scène, dans la mesure où un détail intéressant à l’écran devra le devenir aussi sur le papier, mais là encore on ne fait pas la mise en scène de la même manière dans un manga et dans une série télévisée, ce qui me donne parfois beaucoup de fil à retordre.

Visuels : Kurokawa

Informations pratiques  : Scénario de Steven Moffat et Marc Gatiss, Dessin  Jay., Date de sortie du Tome 1 : 9 février 2017, Prix 12€60, édition grand format : 148x210 mm, 212 pages

Tag(s) : #mangas, #Kurokawa